Atelier Remy Garnier

Visite de l’atelier Remy Garnier

L’entreprise Remy Garnier est composée d’un atelier de serrurerie d’Art créée en 1832 et situé à Bastille ainsi qu’un autre atelier spécialisé dans le luminaire d’art et de restauration situé à Montreuil. C’est ce dernier que j’ai eu la chance de visiter guidé par Ori Ginor, superviseur du travail des artisants et spécialisé dans le rendu 3D des pièces.

L’entreprise compte également un atelier à Chelles, anciennement spécialisé dans le gravure qui regroupe des techniques moins traditionnelles, où la main de l’homme intervient dans une moindre mesure que dans celui de Montreuil. Plus loin, et dans un souci de chaîne de production globale, l’entreprise compte une fonderie située à Tours en échange constant avec les ateliers de finition et de conception que j’ai pu visiter.

Au premier abord, ce qui est à la fois étonnant et parfaitement compréhensible lorsque l’on pénètre dans l’atelier de Montreuil c’est l’osmose entre un savoir faire traditionnel et une technique tout à fait contemporaine. D’emblée Ori m’explique que l’artisanat a beaucoup évolué avec l’industrie et qu’ils se sont rapidement adaptés à la demande et aux nouvelles possibilités qu’offrent des technologies telles que la fraiseuse numérique, l’impression 3D etc. Ces techniques, utilisées pour le façonnage du moule le plus souvent, permettent de gagner du temps et d’économiser beaucoup sur la fabrication des moules. En effet, les grosses pièces telles qu’un lustre comme sur la photo compte pas moins de 150 moules différents. Les réaliser en impression 3D réduit donc de manière considérable le coût de production sans mettre de côté tout le travail de finition qui ne s’est lui pas perdu au fil du temps.

Les moules sont donc conçus à Paris par les artisans, envoyés à la fonderie pour être imprimés, le bronze est coulé et les pièces brutes envoyées dans un des ateliers que j’ai visité. J’ai d’ailleurs pu voir une pièce qui venait d’arriver de la fonderie (voir photo). L’artisan effectue les raccords entre les pièces (ici un cadre de miroir). La pièce est ensuite plongée dans des bains au mercure par electrolyse : on plonge la pièce dans un mélange de cyanure et d’Or en poudre 24 carats. La pièce est ensuite chauffée et brunit avec une pierre d’hématite. Il s’agit d’une très vieille technique qui demande beaucoup de précision : cela consiste à frotter la très fine pelicule d’or pour la faire briller (elle est très terne en sortant des bains)

Par ailleurs, deux artisans sont spécialisés dans la conception des dessins des pièces. Malgré un catalogue bien fournit, l’entreprise est très souvent sollicité pour imaginer des nouveaux modèles originaux pour chaque projet. Les dessins sont entièrement réalisés à la main échelle 1 et sont ensuite scannés et modélisés en 3D. Ici il s’agit d’un bas relief pour une cheminée qui sera réalisé à la fraiseuse numérique.

 

 

Robinson Haas

 

Ce contenu a été publié dans VISITES. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.